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La protection des tourbières du bassin du Congo ne dépend pas uniquement de la recherche scientifique : elle nécessite des institutions nationales et des experts outillés pour gérer, interpréter et appliquer les données environnementales bien après la clôture des projets.
Cette vision était au cœur d'un atelier régional de renforcement des capacités qui s'est tenu à Brazzaville du 21 au 23 avril 2026, dans le cadre de l'Initiative Paysages du Bassin du Congo et du projet sur les tourbières du bassin du Congo financé par l'IKI. Réunissant 21 professionnels clés de la République du Congo (9 participants) et de la République Démocratique du Congo (12 participants), cet atelier a marqué une étape importante vers le renforcement de l'appropriation nationale des outils numériques et des données géospatiales indispensables à une gestion éclairée des tourbières.
Bien que les participants aient été initiés à des plateformes puissantes telles que GeoServer, MapX et Apache Superset, l'enjeu dépassait la simple maîtrise de nouveaux logiciels. L'objectif principal était de jeter les bases d'une collaboration à long terme, d'une appropriation institutionnelle et d'une prise de décision fondée sur des données probantes.
Bâtir des capacités nationales durables
Les tourbières en bonne santé jouent un rôle critique dans la régulation de l'eau, le stockage du carbone et la préservation de la biodiversité. Cependant, la gestion efficace de ces écosystèmes exige des données fiables, des systèmes d'information accessibles et des professionnels capables de transformer des données techniques en décisions concrètes.
Tout au long de cet atelier intensif de trois jours, les participants ont découvert comment organiser, publier et visualiser des données géospatiales afin de mieux comprendre les écosystèmes des tourbières et de soutenir la planification intersectorielle. Des exercices pratiques ont permis à chacun de publier des couches spatiales via GeoServer et de les cartographier dans des espaces de travail dédiés sur MapX. Ils ont également appris à concevoir des graphiques dynamiques et des tableaux de bord interactifs à l'aide d'Apache Superset, renforçant ainsi des compétences pratiques immédiatement applicables au sein de leurs ministères et centres de recherche respectifs.
Au-delà de la formation technique, les discussions se sont concentrées sur une question fondamentale : comment pérenniser l'utilisation de ces outils et de ces compétences après la fin du projet ?
De la formation individuelle à l'appropriation institutionnelle
L'un des résultats les plus significatifs de cet atelier a été l'engagement partagé à dépasser le stade de la formation ponctuelle pour bâtir des structures institutionnelles durables.
Pour y parvenir, les participants ont co-élaboré et validé une feuille de route concrète visant à ancrer durablement les connaissances au sein des institutions nationales :
Constitution d'un pool de talents : Sélection conjointe par le PNUE et le GRID-Genève d'une équipe dédiée de 10 experts nationaux (5 pour la République du Congo et 5 pour la RDC) destinés à devenir des champions régionaux et de futurs formateurs.
Désignation de points focaux institutionnels : Officialisation de l'ancrage institutionnel via l'Agence Nationale de l'Environnement en République du Congo et la Direction des Inventaires et Aménagements Forestiers (DIAF) en RDC pour coordonner les flux de données continus.
Maintien de la dynamique : Mise en place de mécanismes collaboratifs, débutant par un premier atelier virtuel d'inventaire collectif des données, suivi d'un atelier en présentiel de validation des données à la fin de ce même mois.
Apprentissage continu : Production et mise en ligne de tutoriels vidéo pour garantir que la documentation reste ouverte et accessible pour un auto-apprentissage autonome.
En reliant les données techniques aux mandats environnementaux nationaux, cette initiative garantit que les outils de protection des biomes critiques du bassin du Congo restent fermement entre les mains des nations qui en ont la garde.