Des étapes concrètes pour ancrer le Projet Paysage du Dja : une gouvernance inclusive prend forme

photo credit ACDEF showing inclusivity in process to establish Municipal Landscape Management Committee
10 mars 2026

Somalomo – Ngoyla – Lomié, Région de l’Est, Cameroun | 2026

Cinq mois après son lancement officiel, le Projet Paysage du Dja du FEM-8 fait déjà évoluer les approches de conservation collaborative dans l’un des écosystèmes forestiers les plus importants au monde. Mis en œuvre dans le cadre du Programme intégré sur les forêts du Bassin du Congo financé par le FEM et piloté au niveau mondial par le Programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE), le projet est exécuté au niveau national par le Ministère de l’Environnement, de la Protection de la Nature et du Développement durable du Cameroun.

Au cœur de cette démarche se trouve un modèle de gouvernance fondé sur l’inclusion, la transparence et le plein respect du Consentement Libre, Informé et Préalable (CLIP). L’objectif est de faire des communautés non seulement des bénéficiaires de la conservation, mais aussi des décideurs et des détenteurs de droits dans les processus qui les concernent. rights holders within it. 

Première étape : le projet s’appuie sur le consentement et la redevabilité

Depuis son lancement en septembre 2025, le projet a enregistré des avancées dans les domaines de la gouvernance, des sauvegardes sociales, de la participation communautaire et des partenariats institutionnels.

Le CLIP constitue un élément central de cette démarche, conformément aux normes environnementales et sociales du Fonds pour l’environnement mondial (FEM) et au Cadre de durabilité environnementale et sociale du PNUE. Il n’est pas considéré comme une simple exigence procédurale, mais comme un engagement juridique et éthique garantissant aux communautés le droit d’approuver, de modifier ou de refuser les interventions proposées sur leurs territoires avant leur mise en œuvre.

À ce jour, les processus de CLIP ont été menés à bien dans six des onze communes ciblées du paysage du Dja. Des assemblées communautaires structurées ont été organisées, les documents du projet ont été diffusés dans des formats accessibles et, lorsque nécessaire, dans les langues locales, et les décisions ont été officiellement consignées. Les consultations dans les cinq communes restantes sont en cours, conformément à une démarche progressive et fondée sur les droits

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hoto Credit ACDEF Concertation for the creation of MLMC in East Cameroon 2
Deuxième étape : le mécanisme de gestion des plaintes entre en action

Parallèlement, le projet a rapidement mis en place un Mécanisme de gestion des plaintes (MGP) dans quatre communes : Djoum, Mintom, Mvangan et Oveng, avec l’appui de son partenaire de mise en œuvre, l’African Indigenous Women’s Organisation, Central African Network.

Le MGP offre aux membres des communautés — avec une attention particulière portée aux peuples autochtones Baka et aux femmes — un dispositif accessible et adapté au contexte culturel pour faire part de leurs préoccupations, demander réparation et suivre le traitement des plaintes liées aux activités du projet.

Fondé sur la Politique du FEM relative aux risques environnementaux et sociaux, ce mécanisme renforce la redevabilité du projet et contribue à protéger les droits des parties prenantes vulnérables.

Sa mise en place au cours des cinq premiers mois du projet constitue une étape importante dans l’intégration des sauvegardes au cœur de la gouvernance paysagère. 

En savoir plus sur le mecanisme de gestion de plainte.

Troisième étape : s’appuyer sur des structures de gouvernance inclusives pour une gestion durable des ressources

Après les premières démarches de structuration de la gouvernance menées à Mintom par Eco-PH, l’African Conservation and Development Foundation (ACDEF) pilote désormais les consultations inclusives dans les communes de Somalomo, Ngoyla et Lomié, dans l’Est du Cameroun.

Dans une quinzaine de villages de ces communes, ACDEF a mis en œuvre un processus de consultation participatif visant à assurer une représentation large et équilibrée. La démarche tient explicitement compte des questions de genre et des réalités culturelles, avec des sessions de dialogue distinctes pour les femmes, les jeunes et les communautés autochtones Baka, afin que les voix traditionnellement moins représentées soient pleinement prises en compte dans la conception des structures de gouvernance.

Comme le souligne ACDEF, cette approche vise à faire en sorte que « chaque voix ait le même poids dans le processus de gouvernance ».

Les résultats de ces cinq premiers mois constituent une base solide. La prochaine étape consistera à traduire les résultats des consultations en institutions de gouvernance durables et fonctionnelles, capables de soutenir sur le long terme la conservation et la gestion équitable des ressources.

La priorité immédiate d’ACDEF est la création officielle des Commissions municipales de gestion du paysage (CMGP) à Somalomo, Ngoyla et Lomié, en complément des structures similaires mises en place à Mintom et dans d’autres communes du sud du paysage.

Chaque CMGP constituera une plateforme de gouvernance multipartite réunissant notamment :

  • les conseillers municipaux ;
  • les autorités traditionnelles ;
  • les représentants des communautés ;
  • les associations de femmes ;
  • les représentants des peuples autochtones ;
  • les organisations de la société civile ;
  • les partenaires de conservation et de développement.
Les commissions auront notamment pour mandat de :
  • planifier et superviser l’utilisation durable des ressources naturelles sur les territoires municipaux ;
  • contribuer à la prévention et à la médiation des conflits liés à l’utilisation des terres et orienter les plaintes vers le MGP formel ;
  • suivre les indicateurs de performance environnementale et sociale ;
  • défendre les droits des communautés dans leurs échanges avec les autorités publiques et les acteurs privés ;
  • faciliter un partage transparent et équitable des bénéfices..
Un modèle de gestion partagée

Le Projet Paysage du Dja montre que la réussite de la conservation dans les écosystèmes forestiers complexes ne repose pas uniquement sur l’expertise écologique. Elle dépend aussi de systèmes de gouvernance fondés sur la légitimité, le consentement et la responsabilité partagée.

En intégrant le CLIP, en mettant en place des mécanismes de gestion des plaintes et en institutionnalisant des structures de décision inclusives, le projet pose les bases d’un nouveau modèle de gouvernance paysagère dans l’Est du Cameroun — un modèle dans lequel les communautés ne sont pas considérées comme de simples parties prenantes, mais comme des acteurs à part entière de la construction d’un développement durable.

À mesure que la mise en œuvre progresse, l’attention se porte désormais sur le passage de la consultation à la consolidation : transformer cette dynamique initiale en institutions durables, capables de contribuer à la protection de la biodiversité et des droits des communautés pour les générations à venir.

Sectors
Integrated Land Use Planning