Le 24 septembre 2026, les principales parties prenantes se sont réunies à l’hôtel Djeuga Palace de Yaoundé afin de consolider officiellement la prochaine phase de la planification de la conservation du Parc national de Campo Ma’an (CMNP) et de sa zone périphérique. Cette réunion, convoquée sous l’égide du ministère des Forêts et de la Faune (MINFOF), a été organisée en partenariat avec l’African Wildlife Foundation (AWF) dans le cadre du projet « Gestion intégrée des paysages forestiers du Cameroun dans le bassin du Congo » du FEM-7, un projet national du programme « Paysages durables du bassin du Congo » du FEM-7 qui s’inscrit dans le cadre plus large de l’Initiative pour les paysages du bassin du Congo (CBLI) menée par le PNUE. La réunion a abouti à la validation du plan de gestion révisé (2027-2031) et du plan d’affaires qui l’accompagne, à l’issue de consultations ayant progressivement associé les parties prenantes aux niveaux national, régional, départemental et local.
L’atelier s’est tenu comme étape finale, après plusieurs consultations et validations conduites à différents niveaux territoriaux. Celles-ci comprenaient des réunions de validation locales à Ma’an, Akom 2, Nieté et Campo (27 avril, 29 avril et 5–6 mai 2026) ; des réunions départementales à l’Océan (26 mai 2026 à Kribi) et dans la Vallée du Ntem (3 juin 2026 à Ambam) ; ainsi que la session de validation régionale organisée à Ebolowa le 21 juillet 2026. Présidée par M. NYONGWEN Joseph, Secrétaire général du MINFOF, la rencontre nationale a réuni des décideurs et acteurs techniques issus des institutions gouvernementales, des collectivités territoriales, de la chefferie traditionnelle, de la société civile, des représentants des peuples autochtones, des associations de femmes et de jeunes, des partenaires internationaux, des agences de développement et du secteur privé.
Ce que la validation visait à accomplir
L’objectif général de l’atelier était de présenter et de valider au niveau national le plan d’aménagement révisé du PNCM (2027–2031) ainsi que son plan d’affaires, tout en recueillant les observations et contributions de l’ensemble des parties prenantes concernées afin d’appuyer leur approbation finale.
Concrètement, la session de validation visait à :
- Familiariser les participants avec le cadre institutionnel du Cameroun et les directives nationales régissant l’élaboration et la validation des plans d’aménagement et de conservation des aires protégées.
- Présenter le contexte actuel de la conservation de la biodiversité ainsi que la situation générale en matière de gestion du PNCM et de sa zone périphérique.
- Examiner les programmes et activités proposés dans le plan, afin de s’assurer qu’ils répondent aux défis et contraintes identifiés.
- Clôturer le processus de consultation et progresser vers la validation finale du plan d’aménagement et du plan d’affaires.
Principales présentations et discussions structurées
Au cours des travaux, les participants ont d’abord été informés sur :
- Le processus d’élaboration et de révision des plans d’aménagement au Cameroun et la manière dont les préoccupations des différents acteurs ont été prises en compte.
- Le contexte actuel et les perspectives de gestion du PNCM et de sa zone périphérique.
- Le plan d’affaires accompagnant le plan d’aménagement révisé pour la période 2027–2031.
À la suite de ces présentations, les échanges ont porté sur des questions techniques, administratives et opérationnelles concrètes, notamment :
- La disponibilité et la clarté de la cartographie des limites du PNCM, en tenant compte des limites des quatre départements concernés.
- Les mécanismes de partage avec les communautés locales des données de suivi écologique et des résultats des inventaires de la faune.
- La structure budgétaire, notamment la concordance entre les sources de financement et les différentes catégories de dépenses.
- La nécessité d’identifier des financements additionnels pour soutenir la mise en œuvre des activités prévues.
- Les possibilités et approches pour le développement des activités d’écotourisme dans le PNCM.
- Les mécanismes de gestion des conflits entre les populations et la faune sauvage.
- Les initiatives axées sur les communautés, notamment les actions de sensibilisation destinées à faciliter l’accès à l’état civil, telles que l’enregistrement des naissances des enfants issus des communautés autochtones.
Décision : validation obtenue, mise en œuvre effective à venir
À l’issue des échanges, une résolution formelle a été adoptée. La principale conclusion stipule que :
- Le Plan d’aménagement révisé 2027–2031 du Parc national de Campo Ma’an et de sa zone périphérique est validé, mais ne pourra être pleinement mis en œuvre qu’après la signature d’une décision ministérielle par le MINFOF.
Résultats : une appropriation renforcée et des voies de mise en œuvre plus claires
L’atelier a permis d’obtenir des résultats destinés à renforcer la gouvernance de la conservation et les capacités opérationnelles de mise en œuvre. En particulier, les participants ont convenu que :
- Les parties prenantes ont acquis une meilleure compréhension de la situation actuelle de la conservation de la biodiversité et des conditions de gestion du PNCM.
- Les programmes et activités proposés ont été présentés en réponse aux préoccupations soulevées par les acteurs locaux et ont bénéficié d’un appui lors de la validation nationale.
- Le plan a été consolidé à partir des observations et contributions des différentes parties prenantes.
- Les suggestions, préoccupations pertinentes et expressions de consentement des parties impliquées seront prises en compte dans le processus d’approbation définitive.
En validant le plan de gestion et le plan d’affaires du CMNP au niveau national, le projet GEF-7 au Cameroun, mis en œuvre dans le cadre plus large de l’Initiative pour les paysages du bassin du Congo menée par le PNUE, contribue à établir une feuille de route structurée pour les actions de conservation, l’amélioration de la gouvernance et le financement durable pour la période 2027-2031, avec le soutien du Fonds pour l’environnement mondial (FEM). Un suivi ministériel officiel étant encore nécessaire pour rendre ce plan exécutoire, la prochaine phase se concentrera sur la préparation à la mise en œuvre, notamment le partage des données avec les communautés, l’amélioration de la budgétisation et de la mobilisation des ressources, l’atténuation des conflits et le renforcement de l’écotourisme afin de soutenir la protection à long terme des écosystèmes.