Le maire de Mintom crée un comité ad hoc pour opérationnaliser la gouvernance paysagère municipale

Dja rainforest complex-global conservation
16 mars 2026

rojet Paysage du Dja du FEM-8 – Municipalités de Mintom et Djoum, Cameroun | Février 2026

Le renforcement institutionnel engagé dans le cadre du Projet Paysage du Dja du FEM-8 a franchi une étape décisive dans la commune de Mintom avec la création officielle d’un Comité ad hoc chargé d’opérationnaliser la Commission municipale de gestion du paysage (CMGP). Cette Commission est appelée à devenir une instance permanente et multipartite de coordination de la gouvernance inclusive des terres et des ressources naturelles à l’échelle de la commune.

Le 17 février 2026, la maire de Mintom, Mme Bekono née Akélé Endamane Libol, a signé la Décision municipale n° 001/2026/DM/C-MTM/SG portant création du Comité. Cette décision constitue une étape importante dans la consolidation de la gouvernance paysagère décentralisée au sein du paysage du Dja, dans le sud du Cameroun. Elle contribue directement à la mise en œuvre de l’Activité 2 du projet, consacrée à la conception institutionnelle de la CMGP, et fait suite au Forum des parties prenantes municipales organisé avec succès par le partenaire de mise en œuvre ECO-Ph.

« La création de ce Comité ad hoc témoigne de l’engagement de la commune de Mintom en faveur d’une gouvernance foncière transparente et inclusive », a déclaré la maire Bekono. « Nous posons les bases d’une structure permanente qui orientera les décisions relatives à l’utilisation durable des terres et garantira à toutes les parties prenantes, y compris les communautés autochtones et les femmes, une voix dans la définition de notre trajectoire de développement. »

Opérationnaliser une nouvelle architecture de gouvernance

Le Comité ad hoc dispose d’un mandat clair et limité dans le temps : établir le cadre institutionnel et réglementaire nécessaire au fonctionnement de la CMGP, en s’appuyant sur les plans d’utilisation des terres élaborés avec les communautés.

Ses responsabilités comprennent la consolidation du consensus municipal sur les priorités en matière de gouvernance foncière, l’examen et la validation du projet de cadre institutionnel et du règlement intérieur de la CMGP, l’intégration des mesures de sauvegarde environnementales et sociales, ainsi que la préparation de l’inauguration officielle de la Commission.

Une fois constituée, la CMGP servira de plateforme permanente de dialogue structuré, de prévention des conflits et de prise de décision coordonnée à l’échelle du paysage. Elle contribuera à mettre en cohérence les priorités locales de développement avec la conservation de la biodiversité, la résilience climatique et la protection des droits des communautés tributaires des forêts.

Le processus de concertation mené à Mintom a réuni 38 parties prenantes représentant la diversité sociale de la commune : autorités municipales, chefs traditionnels, groupes de femmes, associations de jeunes, représentants autochtones Baka, organisations de producteurs et acteurs de la société civile. Cette démarche inclusive a contribué à renforcer la légitimité du processus et la confiance entre les acteurs.

Un représentant d’ECO-Ph a qualifié cette avancée de transformative : « Cette étape fait passer le Projet Paysage du Dja du dialogue à une architecture institutionnelle durable. En consolidant le consensus et en intégrant les mesures de sauvegarde dans les systèmes municipaux, Mintom contribue à un modèle de gouvernance qui pourra être reproduit dans d’autres communes du paysage. »

Une planification portée par les communautés à Djoum

Alors que Mintom avançait sur les réformes institutionnelles, des activités de terrain menées dans la commune voisine de Djoum sont venues renforcer les fondations communautaires du projet.

Du 26 au 31 janvier 2026, les équipes d’ECO-Ph se sont rendues dans les villages d’Ottong Mbong et de Douze pour mener des exercices participatifs de planification de l’utilisation des terres, qui alimenteront à leur tour le cadre de la CMGP.

À l’aide d’outils d’évaluation rurale participative (ERP), notamment la cartographie communautaire, les discussions structurées et les sessions de recherche de consensus, les facilitateurs ont travaillé selon les principes du Consentement Libre, Informé et Préalable (CLIP) afin de garantir la participation effective des femmes, des jeunes, des personnes âgées et des communautés autochtones Baka.

En six jours, les communautés ont obtenu plusieurs résultats concrets : des projets de plans villageois d’utilisation des terres conciliant zones agricoles, espaces de conservation, espaces de foresterie communautaire et zones tampons écologiques ; des priorités locales de restauration, avec notamment la cartographie des exploitations dégradées, des lisières forestières et des berges à restaurer ; ainsi que des structures de gouvernance villageoise, notamment des comités ad hoc multipartites chargés d’accompagner les prochaines étapes.

La prochaine phase de mise en œuvre portera sur la validation et l’adoption formelle des plans villageois d’utilisation des terres aux niveaux communautaire et municipal, l’institutionnalisation des CMGP par leur adoption officielle par les communes, ainsi que le lancement des interventions de restauration et de soutien aux moyens de subsistance sur les sites prioritaires identifiés.

La décision prise à Mintom représente plus qu’une réforme administrative. Elle montre comment une gouvernance décentralisée, lorsqu’elle repose sur un dialogue inclusif et une planification ancrée dans les réalités du terrain, peut transformer les ambitions environnementales en institutions durables, tout en protégeant la biodiversité et en renforçant la résilience des communautés.

Sectors
Integrated Land Use Planning