Financé par l'Initiative internationale pour le climat (IKI) de l'Allemagne (janvier 2022 – décembre 2027) et mis en œuvre avec des partenaires, notamment l'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) et GRID Genève, le projet sur les tourbières du Bassin du Congo, intitulé « Préserver les réserves essentielles de biodiversité, de carbone et d'eau des tourbières du Bassin du Congo grâce à une prise de décision fondée sur des données probantes et à une bonne gouvernance », vise à protéger le plus vaste complexe de tourbières tropicales au monde, situé dans le Bassin central du Congo, au sein du paysage Lac Télé/Lac Tumba de la Cuvette Centrale, en favorisant une prise de décision fondée sur des données probantes et une bonne gouvernance afin de soutenir une trajectoire de développement favorable à la biodiversité, principalement en République du Congo et en République démocratique du Congo.
Au cœur de cette initiative figurent la mise en place de pratiques durables d'utilisation des terres, le renforcement des cadres de gouvernance et la promotion de la participation des communautés. Le projet met l'accent sur le développement de systèmes innovants de suivi, la création de plateformes d'acteurs aux niveaux national, départemental et local, ainsi que sur l'intégration de la gestion des tourbières dans les politiques nationales. Il favorise également des moyens de subsistance alternatifs et des mesures de réduction des risques, afin de garantir que les efforts de conservation soient socialement équitables, culturellement adaptés et économiquement viables. La gouvernance est renforcée par la mise en place de plateformes intersectorielles et par l'identification des obstacles politiques à une gestion durable des tourbières.
Piliers Principaux
Conservation et gestion durable des tourbières
Protéger et restaurer les tourbières afin de préserver la biodiversité, les ressources en eau et les stocks de carbone.
Politiques et gouvernance fondées sur des données probantes
Élaborer et intégrer des politiques, des plans d'utilisation des terres et des cadres institutionnels favorisant une utilisation durable des tourbières.
Engagement des parties prenantes et moyens de subsistance
Associer les communautés locales et les parties prenantes grâce à la sensibilisation, au renforcement des capacités et à la promotion de moyens de subsistance durables.
Suivi, systèmes de données et partage des connaissances
Mettre en place des outils de suivi de pointe et des plateformes de données afin de soutenir la prise de décision et la transparence.
Mobilisation des financements et investissements
Promouvoir des mécanismes fondés sur le marché, les financements climatiques et les opportunités d'investissement en faveur de la protection des tourbières.
Coopération régionale et internationale
Renforcer la coopération entre les pays du Bassin du Congo et partager les enseignements à l'échelle internationale afin d'accroître les impacts.
Sections
Objectifs
- Protéger et gérer durablement les tourbières du Bassin du Congo afin de préserver la biodiversité, les ressources en eau et le carbone.
- Améliorer la prise de décision grâce à un meilleur suivi, au partage des données et à la participation des parties prenantes.
- Intégrer les tourbières dans les plans nationaux d'utilisation des terres au moyen de réformes politiques.
- Soutenir les communautés locales par des moyens de subsistance durables et réduire les menaces telles que le drainage et l'extraction illégale.
- Renforcer les institutions à tous les niveaux afin d'assurer la conservation des tourbières à long terme.
Composantes clés
- Suivi et données : Développer des systèmes permettant de suivre la biodiversité, les ressources en eau et le carbone.
- Politiques et gouvernance : Intégrer les tourbières dans les plans d'utilisation des terres et mettre en place des plateformes réunissant les parties prenantes.
- Communautés et moyens de subsistance : Soutenir les pratiques locales et les droits des peuples autochtones.
- Écosystèmes et biodiversité : Protéger les espèces, gérer les conflits entre l'homme et la faune sauvage et renforcer la résilience des écosystèmes.
- Risques et sauvegardes : Mettre en œuvre des politiques visant à gérer les risques liés à la biodiversité, aux aspects sociaux, à la santé et à la sécurité.
- Renforcement des capacités et sensibilisation : Former les institutions et sensibiliser le public grâce aux médias et à la coopération régionale.
Menaces
- Menaces environnementales : Activités de drainage, exploitation forestière illégale et conversion des terres entraînant la dégradation des tourbières.
- Menaces biologiques : Perte de biodiversité et conflits entre l'homme et la faune sauvage.
- Menaces socio-économiques : Moyens de subsistance non durables, marginalisation des communautés locales et capacités insuffisantes pour gérer les écosystèmes.
- Risques financiers et politiques : Viabilité financière limitée, manque de volonté politique et insuffisance des capacités institutionnelles.
- Risques sanitaires : COVID-19 et autres épidémies, susceptibles d'affecter la mise en œuvre du projet et la participation des parties prenantes.
Interventions
- Mettre en place et rendre opérationnels des systèmes de suivi des tourbières.
- Mener des dialogues politiques et intégrer les enjeux liés aux tourbières dans les cadres nationaux de développement.
- Mettre en œuvre des projets communautaires de moyens de subsistance conformes aux principes de durabilité écologique.
- Élaborer des plans d'action pour la biodiversité et des plans de gestion des espèces.
- Fournir des formations, une assistance technique et un renforcement des capacités aux administrations publiques et aux parties prenantes locales.
- Faciliter des plateformes multi-acteurs afin de renforcer la coordination.
- Mettre en œuvre des campagnes de sensibilisation et des plateformes de partage des connaissances.
Résultats attendus
- Meilleure compréhension de la valeur écologique et socio-économique des tourbières.
- Institutionnalisation de politiques intégrant la conservation des tourbières.
- Réduction des activités de drainage illégal, d'exploitation forestière illégale et de changement d'utilisation des terres.
- Amélioration de l'état de la biodiversité et de la santé des écosystèmes dans la région.
- Renforcement des capacités des parties prenantes en matière de gestion durable des terres.
- Renforcement des mécanismes de financement en faveur de la conservation.
- Renforcement de la visibilité régionale et internationale du projet.
Areas of intervention
Story Maps
Storymap 1: The Congo Basin Peatlands, A Global Treasure
Storymap 2: Nurturing Early Career Researchers to Safeguard the Congo Basin
News
Community Radio Revolutionizes Conservation Education in Congo's Peatlands
Planning with Water in Mind: A Science-Based Tool for Protecting the Congo Basin Peatlands
En 2025, le projet sur les tourbières du Bassin du Congo financé par l'IKI a enregistré des avancées importantes dans les domaines de la gouvernance, de la conservation de la biodiversité, des moyens de subsistance durables, de la modélisation climatique et hydrologique, ainsi que de l'intégration des politiques publiques. Malgré des contraintes sécuritaires et logistiques, le projet a renforcé la coordination institutionnelle, amélioré l'engagement des communautés et développé des outils scientifiques essentiels à la gestion durable des tourbières dans le paysage Lac Télé–Lac Tumba.
Gouvernance et environnement favorable
- Onze plateformes intersectorielles ont été mises en place dans les deux pays. Ces structures permettent désormais une prise de décision coordonnée entre les administrations publiques, les ONG, les chercheurs, le secteur privé et les communautés.
- Vingt-deux réunions de concertation étaient prévues, dont la moitié ont déjà été réalisées. Ces réunions ont contribué à formaliser la participation des parties prenantes à différents niveaux administratifs.
- Au total, 120 parties prenantes ont été activement mobilisées, avec une représentation équilibrée. Cette diversité renforce l'appropriation du projet et la transparence du processus décisionnel.
- Les Comités consultatifs nationaux des deux pays sont entrés dans leur phase de mise en place officielle. Il s'agit d'une étape institutionnelle importante pour la gouvernance à long terme des tourbières.
- Des groupes de travail scientifiques ont été créés, dont une première réunion s'est tenue en République démocratique du Congo. Ces instances d'experts orienteront les décisions techniques tout au long de la mise en œuvre du projet.
- Les critères de décision en matière d'utilisation des terres ont été révisés afin d'intégrer des indicateurs relatifs à la santé des écosystèmes de tourbières. Les futures décisions de planification prendront ainsi en compte le stockage du carbone, l'hydrologie et la biodiversité.
- Les images satellitaires ont révélé un taux préoccupant de 15 % de déforestation dans certaines zones de la République du Congo. Ces données constituent des éléments probants pour renforcer les réformes politiques et les efforts de suivi.
Conservation de la biodiversité et suivi écologique
- Les inventaires de référence de la faune ont permis de documenter la présence d'éléphants, de grands singes, de crocodiles, d'oiseaux d'eau et d'hippopotames en République du Congo. Ces données contribuent à définir les priorités de conservation des espèces menacées.
- Des systèmes de suivi utilisant des pièges photographiques et des outils numériques ont été mis en place en République démocratique du Congo, améliorant la précision et la fréquence des évaluations de la faune et des habitats.
- Cinq plans d'action pour la conservation des espèces sont en cours d'élaboration. Ils orienteront la gestion à long terme des espèces prioritaires dans les deux pays.
- Vingt et une sessions communautaires de suivi de la chasse ont été réalisées en République du Congo. Les résultats alimentent directement le processus d'élaboration du plan de gestion des réserves.
Moyens de subsistance durables
- Plus de 2 000 agriculteurs en République démocratique du Congo ont été formés à de meilleures pratiques agricoles. Les femmes représentaient près de la moitié des participants, renforçant ainsi la prise en compte de l'égalité entre les femmes et les hommes.
- Vingt parcelles de multiplication ont été mises en place pour produire des variétés améliorées. Elles servent désormais de sites de démonstration pour une agriculture durable.
- En République du Congo, 250 producteurs ont été formés dans les domaines du cacao, de l'apiculture et de la pêche. Cette formation a renforcé les capacités locales à adopter des moyens de subsistance compatibles avec la conservation.
- Les rendements du cacao ont augmenté de 25 % dans les communautés pilotes ciblées, démontrant le potentiel économique de systèmes de production durables.
- Six ruchers et cinq étangs piscicoles ont été créés avec succès. Ces initiatives génèrent de nouvelles sources de revenus tout en limitant la pression sur les écosystèmes de tourbières.
- Vingt-cinq villages se sont officiellement engagés à adopter des moyens de subsistance compatibles avec la conservation des tourbières, témoignant d'un fort engagement communautaire en faveur de leur préservation à long terme.
Planification et gestion de l'utilisation des terres
- Deux plans majeurs de gestion des terres ont connu des avancées importantes, notamment le plan de gestion de la Réserve du Lac Télé. Ces plans offrent un cadre structuré pour une gestion durable des ressources.
- Vingt-sept consultations ont été organisées avec les communautés locales en République du Congo. Les chefs de village ont validé les résultats de ces consultations par leur signature.
- La République démocratique du Congo a finalisé la documentation méthodologique pour l'élaboration des plans de gestion de l'utilisation des terres, établissant ainsi une approche harmonisée pour les futurs processus de planification.
Eau, climat et systèmes d'aide à la décision
- Le Système d'aide à la décision hydrologique (HDSS) a été entièrement développé et mis à disposition en ligne. Il intègre des scénarios hydrologiques, climatiques et de développement à l'intention des décideurs.
- La modélisation hydrologique a révélé des profondeurs de nappe comprises entre 0,5 et 1,2 mètre, des données essentielles pour évaluer la vulnérabilité des tourbières.
- Des scénarios climatiques et de développement ont été intégrés au HDSS afin de permettre aux gouvernements d'évaluer les effets potentiels des pressions futures sur les ressources en eau et les tourbières.
- Des ateliers nationaux ont été organisés dans les deux capitales afin de valider le système, renforçant ainsi son appropriation institutionnelle et la compréhension de son fonctionnement.
- Un prototype de système de suivi des tourbières utilisant SEPAL et MapX a été déployé. Il fournit une plateforme numérique intégrée pour le suivi en temps réel des écosystèmes.
- Soixante pour cent des participants formés ont atteint un niveau élevé de maîtrise des techniques de suivi, illustrant les résultats du renforcement des capacités.
Cartographie à haute résolution et intégration des politiques
- Trois campagnes de terrain ont été réalisées afin de produire une cartographie à haute résolution des tourbières. L'analyse des données est en cours pour finaliser la couche nationale des tourbières.
- Douze jeunes chercheurs de République démocratique du Congo et de République du Congo ont été formés aux techniques avancées de cartographie et de terrain, renforçant ainsi les capacités nationales à maintenir et actualiser les données sur les tourbières.
- Les données relatives aux tourbières ont commencé à être intégrées dans les Stratégies et plans d'action nationaux pour la biodiversité (SPANB) ainsi que dans les rapports nationaux sur la biodiversité. Cette intégration contribuera à aider les deux gouvernements à respecter leurs engagements environnementaux internationaux.
Sauvegardes, inclusion et droits humains
Le principe du Consentement libre, préalable et éclairé (CLIP) a été systématiquement appliqué dans l'ensemble des activités communautaires, garantissant que les populations locales donnent leur consentement de manière libre et éclairée.
Plus de 1 700 personnes, dont 649 femmes, ont bénéficié des activités du projet, illustrant son caractère inclusif et sa large portée auprès des communautés.
Des approches sensibles au genre ont été intégrées dans toutes les activités. Les femmes ont notamment bénéficié d'un appui spécifique dans les domaines de l'agriculture, du suivi et de la planification locale.
L'inclusion des personnes en situation de handicap a été assurée grâce à l'approche fondée sur les droits humains. Elles ont bénéficié des mêmes possibilités de participation aux activités du projet.
Coordination, synergies et coopération Sud-Sud
Le projet a renforcé les synergies avec CAFI, le FEM-7, le FEM-8, la JICA et la GIZ. Ces collaborations améliorent l'efficacité des interventions et réduisent les chevauchements.
Les mécanismes de coordination entre les institutions et les partenaires ont été consolidés, renforçant la cohérence entre les différents volets du projet et les autorités nationales.
La coopération entre la République démocratique du Congo et la République du Congo s'est intensifiée, notamment en matière de partage des données et de planification conjointe. Cette dynamique de coopération Sud-Sud soutient la conservation des tourbières à l'échelle régionale.
Gestion des risques et mise en œuvre adaptative
- En République démocratique du Congo, certaines activités ont été reprogrammées en raison des défis sécuritaires. Cette planification adaptative a permis d'assurer la poursuite des activités essentielles sur le terrain.
- Le projet a assuré le suivi du projet de route Epena–Mboua en République du Congo, susceptible de menacer les tourbières. Les observations de terrain ont confirmé qu'aucun chantier n'avait été engagé à ce jour.
- L'évaluation à mi-parcours du projet a été lancée en juin 2025, avec des missions de terrain réalisées en octobre 2025. Le rapport final est attendu au début de l'année 2026.