La République centrafricaine (RCA) occupe une partie stratégique de la région écologique du nord du Bassin du Congo, constituant une zone de transition entre les forêts tropicales denses du sud et les paysages de savane du nord. Cette situation lui confère une grande importance écologique : ses forêts abritent une biodiversité remarquable, fournissent des services écosystémiques essentiels et contribuent à la régulation du climat ainsi qu'à la conservation des paysages transfrontaliers.
Malgré cette richesse écologique, le pays est confronté à une fragilité socio-économique persistante, à des contraintes de gouvernance et à des capacités institutionnelles limitées qui compliquent la gestion durable de la biodiversité.
Dans le cadre de la Congo Basin Landscapes Initiative (CBLI), les interventions en République centrafricaine visent à renforcer la gouvernance, préserver les paysages forestiers prioritaires et promouvoir des approches de conservation communautaire, notamment dans les paysages de Basse-Lobaye et Mbaéré-Bodingué.
À travers les projets nationaux, le Programme des Nations Unies pour l'environnement (PNUE) et ses partenaires soutiennent l'élaboration et la mise en œuvre de Plans intégrés de gestion de l'utilisation des terres (ILUMP) dans les paysages prioritaires, ainsi que le renforcement de la gestion communautaire des forêts afin de préserver la biodiversité, les stocks de carbone et les services écosystémiques essentiels.
Sections
Relief
Le relief de la République centrafricaine est généralement plat à légèrement vallonné, avec peu de zones montagneuses. Les altitudes varient entre les vallées fluviales du sud et les plateaux situés à proximité de la frontière camerounaise.
Hydrographie
La République centrafricaine occupe une position importante dans le bassin hydrographique du Congo. Les cours d'eau du sud du pays, notamment l'Oubangui et ses affluents, alimentent le bassin du fleuve Congo et contribuent au maintien d'habitats essentiels d'eau douce et de zones humides, qui soutiennent la biodiversité aquatique ainsi que les moyens de subsistance des populations.
Situation géographique
La République centrafricaine est l'un des pays les moins développés et les plus fragiles au monde. Son économie repose principalement sur l'agriculture de subsistance et l'exploitation des ressources naturelles. L'activité économique demeure fortement limitée par les défis persistants liés à la gouvernance, à l'insécurité, au manque d'infrastructures et au faible accès aux marchés.
Selon les évaluations de la Banque mondiale et du Fonds monétaire international, les perspectives de croissance restent modestes et particulièrement vulnérables aux chocs. Les priorités nationales portent sur la stabilisation du pays, l'amélioration des services de base et la relance des secteurs productifs.
L'agriculture constitue le principal moyen de subsistance pour la majorité de la population, en particulier dans les zones rurales et forestières, où les communautés dépendent directement des forêts et des écosystèmes pour leur alimentation, leur approvisionnement en combustible, leurs revenus et leur résilience.
Les secteurs forestier et minier contribuent aux recettes d'exportation, mais la transformation locale demeure limitée et les cadres de régulation restent faibles. La pauvreté, l'insécurité alimentaire et la forte dépendance aux ressources naturelles restent ainsi largement répandues, faisant de la gestion durable des ressources naturelles un enjeu central pour la réduction de la pauvreté et la durabilité environnementale.
Principaux indicateurs socio-économiques
- Population : environ 5,6 millions d'habitants
- PIB nominal : environ 2,8 à 3,0 milliards USD
- PIB par habitant : environ 500 à 550 USD
- Structure de l'économie : l'agriculture de subsistance domine, tandis que les secteurs forestier et minier contribuent aux exportations mais demeurent largement informels et faiblement réglementés.
- Emploi : l'agriculture emploie la majorité de la population active.
- Pauvreté : très répandue, en particulier dans les zones rurales et forestières ; parmi les niveaux les plus élevés au monde.
Les forêts de la République centrafricaine appartiennent aux écorégions de la mosaïque forêt-savane congolaise et des forêts tropicales denses. Elles abritent des populations de primates, de grands mammifères, une avifaune diversifiée et d'importants stocks de carbone.
Parmi les principales aires protégées figurent la Réserve de faune de Zemongo, reconnue pour la richesse de son avifaune et de ses populations de primates, ainsi que la Réserve naturelle de Chinko, vaste paysage faisant l'objet d'un partenariat de gestion durable.
Malgré leur importance écologique, les paysages forestiers de la République centrafricaine sont confrontés à plusieurs défis.
Braconnage et capacités limitées de surveillance
Le braconnage demeure une menace importante, favorisée par des capacités limitées en matière de surveillance et d'application de la réglementation. De nombreuses aires protégées ne disposent pas des moyens nécessaires pour assurer un suivi et une gestion efficaces.
Pressions sur l'utilisation des terres et dégradation des habitats
L'agriculture itinérante, les pratiques d'utilisation des terres non durables et les activités extractives contribuent à la dégradation et à la fragmentation des forêts. La poursuite de ces tendances risque d'affaiblir l'intégrité écologique des paysages forestiers du pays.
Contraintes de gouvernance et de capacités institutionnelles
Les capacités institutionnelles limitées, l'instabilité politique persistante et les difficultés économiques entravent la planification, la mise en œuvre et l'application des politiques de conservation de la biodiversité.
La réponse à ces défis repose sur des approches intégrées de gestion des paysages, un renforcement de la gouvernance et le développement d'approches de conservation fondées sur les communautés, au cœur de l'action de la Congo Basin Landscapes Initiative (CBLI) en République centrafricaine.
| Forests and Biodiversity Conservation Program in the Central African Republic (CAR) |
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| Scaling up ecological corridors and transboundary connectivity through integrated natural resources management in the Ngotto Forest landscape and Mbaéré-Bodingué National Park |
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Source : Informations pays synthétisées à partir de sources internationales de référence, de données nationales, de la littérature scientifique et de la documentation des projets de la CBLI.