Mouloundou, paysage du Dja, Cameroun – janvier 2026
Le projet GEF-8 Dja franchit une étape importante en faveur de la conservation menée par les communautés avec le lancement d’un jardin de plantes médicinales dans le village de Dioula.
Cette initiative constitue la première étape vers la création d’une forêt communautaire destinée à renforcer les droits des peuples autochtones tout en favorisant la gestion durable des forêts sur près de 4 millions d’hectares du paysage du Dja.
Le jardin de plantes médicinales contribue directement au Produit 2.2 du projet GEF-8 Dja, consacré au renforcement de la restauration des forêts et de la gestion durable des ressources forestières à travers la foresterie communautaire, tout en protégeant les droits des peuples autochtones et des communautés locales.
D’une superficie de près de 2 500 m², le jardin est situé le long de la rivière Mbandamé, sur un terrain généreusement offert par l’ancien du village, Njoumbé Thomas. Cette initiative illustre la manière dont les savoirs traditionnels peuvent être associés aux approches modernes de conservation.
Les femmes au cœur de la conservation
La gestion du jardin de plantes médicinales et d’une pépinière attenante a été confiée à l’association de femmes Essoungue, un groupe interethnique engagé en faveur du bien-être des femmes dans la région forestière de Lobéké, dans le sud-est du Cameroun.
À la suite du premier décaissement de la subvention du GEF en janvier 2026, l’association s’est rapidement mobilisée, plaçant les femmes au cœur de la planification de la conservation, de la prise de décision et de la gestion des ressources forestières.
« Des familles résilientes, des forêts résilientes » en pratique
La future forêt communautaire devrait générer des revenus durables grâce aux produits forestiers non ligneux (PFNL), en mettant en place un modèle qui associe conservation de l’environnement, santé et bien-être des communautés.
Les revenus générés contribueront au fonctionnement du centre de santé de Dioula, notamment en finançant l’achat de médicaments et de fournitures essentielles, ainsi que les salaires de deux infirmiers et d’un pharmacien.
Situé à proximité immédiate du centre de santé, le jardin permettra également aux professionnels de santé d’accéder directement aux plantes médicinales lorsque cela sera nécessaire.
La restauration des écosystèmes forestiers par les plantes médicinales : des bénéfices pour les populations et la nature
- Conservation de la biodiversité : protection des espèces de plantes médicinales endémiques, restauration des forêts et maintien des services écosystémiques essentiels.
- Droits des peuples autochtones : renforcement des droits communautaires sur les forêts et sécurisation des droits liés aux terres, aux ressources et aux territoires traditionnels, conformément aux principes du Consentement Libre, Informé et Préalable (CLIP).
- Égalité de genre : renforcement du rôle des femmes dans la gestion des forêts et promotion d’un partage équitable des bénéfices de la conservation.
- Action climatique : contribution à la séquestration du carbone et au renforcement de la résilience climatique dans le Bassin du Congo.
- Moyens de subsistance durables : diversification des sources de revenus et réduction de la pression sur les forêts grâce à une récolte encadrée et au suivi communautaire.
Un modèle qui peut être reproduit dans le Bassin du Congo
Le jardin de plantes médicinales d’Essoungue constitue une initiative pilote de conservation portée par les communautés dans le paysage du Dja et, plus largement, dans le Bassin du Congo.
Il montre l’importance d’investir dans les communautés locales en tant qu’acteurs à part entière de la conservation et rappelle le lien étroit entre santé des écosystèmes et bien-être des populations.
En cultivant leur jardin de plantes médicinales, les femmes d’Essoungue ne cultivent donc pas seulement des plantes : elles contribuent à poser les bases d’un avenir plus sain, plus équitable et plus durable.