Détecter plus tôt le risque de transmission de maladies : renforcer la préparation dans les paysages forestiers

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15 septembre 2026

Pourquoi la santé de la faune sauvage et la santé humaine sont indissociables

Là où les risques émergent

La pandémie de COVID-19 a clairement démontré l’interconnexion entre la santé humaine, la santé animale et la santé environnementale. Les effets considérables du SARS-CoV-2 ont montré comment les événements de transmission de maladies zoonotiques peuvent perturber les économies, les systèmes sociaux et la santé publique mondiale.

Avec plus de 250 virus zoonotiques connus ayant déjà été transmis des animaux aux humains et une estimation de 1,67 million de virus encore non décrits présents chez les mammifères et les oiseaux — dont la moitié pourrait être transmissible à l’être humain — le risque de nouveaux événements de transmission demeure réel et urgent.

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Prélèvement d’échantillons par WCS – Photo : WCS/Scott Ramsay

L’émergence de ces virus est un processus dynamique qui dépend de facteurs environnementaux, comportementaux et liés aux hôtes viraux. Le rapport conjoint UNEP-ILRI, Preventing the next pandemic: Zoonotic diseases and how to break the chain of transmission*, identifie sept facteurs liés aux activités humaines qui sont les plus susceptibles de favoriser l’émergence de maladies zoonotiques :

  • l’augmentation de la demande humaine en protéines animales ;
  • l’intensification non durable de l’agriculture ;
  • l’accroissement de l’utilisation et de l’exploitation de la faune sauvage ;
  • l’utilisation non durable des ressources naturelles, accélérée par l’urbanisation, les changements d’utilisation des terres et les industries extractives ;
  • l’augmentation des déplacements et des transports ;
  • les changements dans les systèmes d’approvisionnement alimentaire ; et
  • le changement climatique.  

Le nord de la République du Congo (RC) présente plusieurs de ces facteurs de risque. Des épidémies, notamment plusieurs vagues d’Ebola, y ont été bien documentées au cours des dernières décennies. Dans les écosystèmes de forêt tropicale de la RC, l’expansion de l’exploitation forestière et la construction de routes ouvrent des zones forestières auparavant isolées aux activités humaines et à la chasse. Ces perturbations modifient l’écologie locale des maladies et rapprochent les populations humaines, la faune sauvage et les agents pathogènes potentiels.

Dans le paysage de Ndoki-Likouala, en République du Congo, la Wildlife Conservation Society (WCS) et ses partenaires s’attaquent à ces défis en renforçant les approches One Health (« Une seule santé »), qui relient santé humaine, surveillance de la faune sauvage et systèmes d’alerte précoce pilotés par les communautés.

Détecter les signaux plus tôt

Les flambées épidémiques surviennent rarement sans aucun signe avant-coureur. Elles sont souvent précédées de signaux d’alerte :

  • mortalité inhabituelle de la faune sauvage (par exemple, des décès inexpliqués d’animaux dans la forêt) ;
  • maladies touchant le bétail ;
  • augmentation des interactions entre les humains et la faune sauvage.

Historiquement, il était difficile de détecter rapidement ces signaux, car les systèmes de notification étaient fragmentés et les capacités de laboratoire souvent éloignées des lieux où les risques apparaissaient pour la première fois.

Dans le paysage de Ndoki-Likouala, la WCS et ses partenaires contribuent à renforcer les systèmes de détection précoce au plus près des sources de risque. Les efforts comprennent : des systèmes de signalement communautaires, des réseaux de surveillance sur le terrain et des approches diagnostiques plus rapides dans les régions forestières reculées.   

Les progrès actuels dans le paysage comprennent :

  • 109 villages pleinement intégrés aux systèmes d’alerte précoce ;
  • 7 963 membres des communautés activement mobilisés ou touchés par des approches communautaires ;
  • le déploiement d’outils de diagnostic sur le terrain permettant de réduire considérablement le délai entre la détection initiale et la réponse à une flambée épidémique. 
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Photo : WCS/Scott Ramsay
D’une réponse centralisée à une préparation à l’échelle du paysage

Traditionnellement, la réponse aux flambées épidémiques reposait largement sur des systèmes de notification centralisés et des laboratoires éloignés. De plus en plus, les systèmes de surveillance sont répartis à travers les paysages eux-mêmes.

Lorsque les communautés signalent des événements inhabituels et que les équipes de terrain recueillent des données en temps réel sur place, l’information circule rapidement entre les acteurs locaux, les chercheurs et les autorités de santé publique. Cette évolution contribue à renforcer la préparation en : 

  • améliorant les capacités locales de détection au sein des communautés forestières ;
  • réduisant les délais de notification, afin que les réponses puissent commencer en quelques heures plutôt qu’en plusieurs semaines ;
  • renforçant la coordination dans les régions forestières éloignées et transfrontalières. 

Plutôt que d’intervenir uniquement après l’apparition d’une flambée, les systèmes de surveillance à l’échelle du paysage contribuent à identifier les risques plus tôt et plus près de leur source.

Une réalité One Health

Les conditions environnementales, la santé de la faune sauvage et les activités humaines sont étroitement liées, en particulier dans des régions comme le bassin du Congo. Les mêmes écosystèmes qui abritent une grande biodiversité façonnent également les déplacements locaux, les activités de subsistance et les possibilités de contact entre les populations, la faune sauvage et les agents pathogènes potentiels.

Dans le paysage de Ndoki-Likouala, les systèmes intégrés de surveillance combinent la surveillance de la santé de la faune sauvage, le signalement communautaire et les diagnostics sur le terrain. Ensemble, ces approches contribuent à dresser un tableau plus complet de la manière dont les changements d’utilisation des terres et les évolutions environnementales, la santé de la faune sauvage et les activités humaines interagissent dans les paysages forestiers.

En améliorant la connaissance de ces interactions, elles contribuent également à une compréhension plus large des facteurs qui influencent à la fois l’intégrité des écosystèmes et la résilience des communautés.

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Photo: WCS
Pourquoi cela compte

Le bassin du Congo revêt une importance mondiale non seulement pour sa biodiversité et la stabilité du climat, mais aussi parce que les changements écologiques au sein de ses écosystèmes forestiers peuvent avoir des répercussions directes sur la sécurité sanitaire aux niveaux régional et mondial.

À mesure que les pressions exercées sur les forêts évoluent, il devient de plus en plus important de comprendre les interactions entre les écosystèmes, la faune sauvage et les populations. L’expérience du paysage de Ndoki-Likouala montre comment des approches pratiques de type One Health peuvent contribuer à renforcer la coordination entre la surveillance environnementale, la surveillance des maladies et la participation des communautés, afin d’améliorer la préparation au plus près des zones où les risques émergent.

L’enseignement dépasse la seule réponse aux flambées épidémiques : la santé des forêts et la santé humaine ne sont pas des enjeux distincts. Elles sont des composantes interconnectées d’un même système paysager. Renforcer les liens entre la surveillance environnementale, la santé de la faune sauvage et la surveillance locale peut contribuer à une compréhension plus complète des risques dans les paysages forestiers. 

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[*] Références et lectures complémentaires : Grace, D., Refisch, J., MacMillan, S., Wright, C.Y., Bett, B., Robinson, D.L., Wernecke, B., Lee, H.S., Karesh, W.B., Machalaba, C., Fraenkel, A., Barbieri, M., Kappelle, M. (2020). Preventing the next pandemic: Zoonotic diseases and how to break the chain of transmission. A Scientific Assessment with Key Messages for Policy-Makers. A Special Volume of UNEP’s Frontiers Report Series.

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