Les partenaires du Projet Paysage Dja, financé par le Fonds pour l'environnement mondial (FEM/GEF), ont validé un nouveau Mécanisme de Gestion des Plaintes (MGP), marquant une étape importante pour garantir que les actions de conservation soient transparentes, inclusives et à l'écoute des besoins des communautés locales.
Validé lors d'un atelier organisé à Yaoundé le 9 juillet 2026, ce mécanisme offre aux Peuples Autochtones Baka, aux femmes, aux jeunes et à l'ensemble des parties prenantes un dispositif sûr, équitable et accessible pour exprimer leurs préoccupations, résoudre les différends et contribuer à la mise en œuvre du projet.
Conforme aux exigences environnementales et sociales du Fonds pour l'environnement mondial (FEM), le mécanisme vient renforcer l'engagement du projet en faveur d'une participation effective des parties prenantes tout au long de sa mise en œuvre.
L'atelier de validation a réuni l'Équipe Nationale de Coordination du Projet, l'Unité de Gestion du Projet, les partenaires de mise en œuvre, des représentants des Ministères des Forêts et de la Faune, de la Promotion de la Femme et de la Famille, des Affaires Sociales, ainsi que le Point Focal Opérationnel du FEM au Cameroun.
Présidant les travaux au nom du Ministre de l'Environnement, de la Protection de la Nature et du Développement Durable, le Directeur National du Projet, Dr Haman Unusa, a invité les participants à formuler des observations constructives afin de garantir que le mécanisme réponde pleinement aux attentes des communautés au cœur du projet.
Renforcer la confiance grâce à la redevabilité
Des mécanismes efficaces de gestion des plaintes constituent un élément essentiel de toute initiative de conservation durable. Au-delà du respect des exigences de sauvegarde, ils contribuent à instaurer un climat de confiance, à renforcer les partenariats et à garantir que les préoccupations des communautés soient prises en compte dans les décisions du projet.
Dans le paysage du Dja, vaste écosystème forestier d'importance mondiale abritant les Peuples Autochtones Baka et de nombreuses autres communautés dépendantes de la forêt, ce nouveau mécanisme établit un cadre clair et transparent permettant de traiter les préoccupations avant qu'elles ne dégénèrent en conflits.
En favorisant le dialogue et le règlement rapide des différends, il contribue à une gouvernance plus inclusive et renforce l'appropriation locale des actions de conservation.
Un mécanisme conçu avec les communautés
Le Mécanisme de Gestion des Plaintes a été élaboré par AIWO-CAN, partenaire de mise en œuvre du projet, dans le cadre de son mandat de première année.
Entre décembre 2025 et juillet 2026, AIWO-CAN, avec l'appui du consultant Daniel Seba, a conduit des études diagnostiques, des consultations communautaires, des réunions de validation et un important travail de rédaction technique afin de développer un mécanisme reflétant à la fois les réalités locales et les exigences de sauvegarde du FEM-8.
Le mécanisme repose sur neuf principes fondamentaux :
- la légitimité ;
- l'accessibilité ;
- la prévisibilité ;
- l'équité ;
- la transparence ;
- la confidentialité ;
- la protection contre les représailles ;
- la sensibilité culturelle ;
- l'apprentissage continu.
Ces principes traduisent l'engagement du FEM en faveur de la protection des droits des Peuples Autochtones, de l'égalité entre les femmes et les hommes et d'une participation significative des parties prenantes tout au long du cycle du projet.
Une réponse adaptée à chaque niveau
Afin que chaque plainte soit traitée au niveau le plus approprié, le mécanisme prévoit une architecture en quatre niveaux.
Le traitement débute au sein des communautés avant, si nécessaire, d'être porté aux niveaux communal puis paysager. En dernier recours, les plaintes pourront être transmises aux institutions compétentes, notamment la Commission Nationale des Droits de l'Homme ou les juridictions compétentes.
Un expert indépendant, intervenant à l'échelle du paysage, offrira également une possibilité de recours supplémentaire, renforçant ainsi l'impartialité et la crédibilité du dispositif.
Le mécanisme définit par ailleurs des procédures spécifiques pour différents types de plaintes, notamment :
- les conflits liés à l'utilisation des terres ;
- les impacts environnementaux ;
- les allégations de corruption ;
- les questions relatives aux conditions de travail.
Des dispositions particulières ont également été intégrées pour les cas de violences basées sur le genre, d'exploitation et d'abus sexuels, de harcèlement sexuel ainsi que pour les questions de protection de l'enfance. Elles privilégient une approche centrée sur les survivants, garantissent la confidentialité et prévoient des mécanismes d'orientation conformes à la politique de tolérance zéro du FEM.
« Le Mécanisme de Gestion des Plaintes est un élément indispensable à la réussite du Projet Paysage Dja. Il contribuera à renforcer la confiance entre les communautés et les partenaires du projet, tout en garantissant un traitement équitable, transparent et rapide des préoccupations exprimées », a déclaré Mme Hawe Haman, Présidente d'AIWO-CAN.
De la validation à la mise en œuvre
La validation du mécanisme marque désormais le début d'une nouvelle phase : son opérationnalisation sur le terrain afin que les communautés puissent effectivement y accéder et l'utiliser.
Le déploiement commencera par une phase pilote dans trois des onze communes couvertes par le projet, avant une extension progressive à l'ensemble du paysage.
Les principales étapes prévues comprennent :
- Sensibiliser : diffuser le mécanisme auprès du personnel du projet, des partenaires, des prestataires et des communautés grâce à des traductions en langues locales, des brochures, des affiches, des foires aux questions, des supports numériques et des activités de proximité ;
- Renforcer les capacités : former les points focaux et les membres des comités tout en informant les communautés sur les modalités de dépôt des plaintes et le processus de traitement ;
- Mettre en place des canaux accessibles : rendre opérationnels plusieurs moyens de dépôt des plaintes, notamment les points focaux communautaires, les boîtes à suggestions, les lignes téléphoniques dédiées, les courriels, les plateformes numériques et les signalements en présentiel ;
- Suivre les performances : mesurer régulièrement le nombre de plaintes reçues, les délais et taux de résolution ainsi que le niveau de satisfaction des parties prenantes afin d'améliorer en permanence le mécanisme ;
- Améliorer en continu : adapter le dispositif à partir des enseignements tirés de sa mise en œuvre, des retours des communautés et de l'évolution du cadre juridique et institutionnel.
Une gouvernance plus inclusive au service de la conservation
Clôturant les travaux au nom du Directeur National du Projet, M. Zoa Ambroise, membre de l'Équipe Nationale de Coordination, a salué le leadership d'AIWO-CAN dans l'élaboration du mécanisme et encouragé l'ensemble des partenaires à poursuivre leur collaboration lors de sa mise en œuvre.
La validation du Mécanisme de Gestion des Plaintes constitue une avancée importante pour renforcer la transparence, la redevabilité et la gouvernance participative dans le paysage du Dja.
En offrant aux communautés des voies de recours accessibles, crédibles et adaptées à leurs réalités, le projet jette les bases de partenariats plus solides, d'une conservation plus efficace et de bénéfices durables pour les populations comme pour l'environnement mondial.