Forum mondial des Programmes intégrés du FEM : le Cameroun partage les solutions développées dans le Bassin du Congo

11 mai 2026

Avec l'une des délégations africaines les plus importantes et les plus représentatives, le Cameroun s'est rendu à Nairobi non pas comme simple participant, mais comme acteur de référence venu partager des solutions concrètes issues de son expérience de terrain.

Réunissant des représentants des institutions nationales, des experts techniques, des partenaires de mise en œuvre et des organisations de la société civile, la délégation camerounaise reflétait toute la diversité des acteurs engagés dans la mise en œuvre du Projet Paysage Dja, soutenu par le Fonds pour l'environnement mondial (FEM-8) avec l'appui du Programme des Nations Unies pour l'environnement (PNUE).

Cette composition illustrait une approche coordonnée où les politiques environnementales se traduisent progressivement en actions concrètes sur le terrain.

Lorsque le Forum mondial 2026 des Programmes intégrés du FEM s'est ouvert le 13 avril au siège des Nations Unies à Nairobi, une question a guidé les échanges :

Comment les programmes intégrés passent-ils de leur conception à des résultats concrets sur le terrain ?

L'expérience du Cameroun, à travers le Projet Paysage Dja, a apporté des éléments de réponse fondés sur les premiers enseignements de sa mise en œuvre.

Une préparation en amont pour valoriser les expériences nationales

En amont du Forum, une réunion préparatoire organisée le 23 mars à Yaoundé a rassemblé les principaux acteurs du projet, notamment l'Unité de Gestion du Projet, le gestionnaire de projet du PNUE Dr André Kamdem Toham ainsi que le Directeur National du Projet Dr Haman Unusa.

Cette rencontre a permis de consolider les contributions du Cameroun au Knowledge Café de la Congo Basin Landscapes Initiative (CBLI) consacré aux approches intégrées de gestion des paysages et intitulé :

« De la conception intégrée à la transformation des paysages : approches pratiques pour communiquer les paysages intégrés »

Les échanges ont mis en lumière cinq enseignements majeurs issus des premiers mois de mise en œuvre du projet.

1.Mettre en place un dispositif opérationnel dès le départ

Le Cameroun a présenté son expérience de mise en place d'un dispositif de gouvernance reposant sur des responsabilités clairement définies, des mécanismes de coordination et une organisation opérationnelle permettant de transformer rapidement les orientations stratégiques en actions concrètes.

Cette expérience a montré que la qualité de la mise en œuvre dépend largement des mécanismes établis dès les premières phases du projet.

2.Faire de l'inclusion un principe de gouvernance

Le Projet Paysage Dja a également illustré la manière dont l'inclusion peut être intégrée dès la conception des mécanismes de gouvernance.

Plutôt que de considérer la participation des femmes et des Peuples Autochtones et Communautés Locales (PACL/IPLCs) comme une activité complémentaire, le projet l'a inscrite au cœur de ses structures décisionnelles.

Cette approche contribue à renforcer l'appropriation locale et à favoriser une participation plus durable des communautés.

3.Associer mécanisme de gestion des plaintes et Consentement Libre, Préalable et Éclairé

Parmi les expériences présentées figurait également l'articulation entre le Mécanisme de Gestion des Plaintes (MGP) et les principes du Consentement Libre, Préalable et Éclairé (CLIP/FPIC).

En combinant ces deux approches, le projet renforce la confiance entre les partenaires, améliore la redevabilité et crée des conditions favorables à une gouvernance plus participative.

Cette démarche accompagne notamment la mise en place des Comités Communaux de Gestion du Paysage, déjà engagée dans plusieurs communes du paysage du Dja, dont Mintom et Djoum.

4.Intégrer les solutions fondées sur la nature dans les décisions

Le Cameroun a également partagé son expérience dans l'utilisation des Autres Mesures de Conservation Efficaces par Zone (AMCE/OECM) ainsi que de la Comptabilité du Capital Naturel (Natural Capital Accounting – NCA).

Ces outils permettent d'intégrer les dimensions environnementales et économiques dans les processus de planification et d'éclairer les décisions relatives à la gestion durable des paysages.

5.Piloter le projet grâce au suivi-évaluation

L'Unité de Gestion du Projet a présenté les mécanismes mis en place pour assurer un suivi régulier des indicateurs du FEM-8.

Les informations produites permettent d'ajuster les activités au fur et à mesure de leur mise en œuvre, favorisant ainsi une gestion adaptative fondée sur les résultats et les enseignements tirés du terrain.

Une contribution active aux débats internationaux

La participation du Cameroun s'est également illustrée par son rôle dans les discussions consacrées à la gouvernance, à l'inclusion et à la redevabilité.

Le Dr Haman Unusa a présidé une table ronde réunissant plusieurs partenaires de la société civile, parmi lesquels AIWO-CAN, ACDEF et ECO-PH, qui ont partagé leurs expériences de terrain sur la mise en œuvre du projet.

Au-delà d'une présence institutionnelle, cette participation a démontré comment des approches intégrées peuvent être appliquées dans des contextes complexes tels que le Bassin du Congo.

Les échanges ont également mis en évidence qu'une gouvernance environnementale efficace repose sur un processus continu d'apprentissage, de coordination et d'amélioration.

Découverte d'expériences inspirantes au Kenya

Avant l'ouverture officielle du Forum, la délégation camerounaise a pris part à quatre visites de terrain organisées autour de différents programmes intégrés mis en œuvre au Kenya.

Ces visites ont permis d'explorer plusieurs approches complémentaires :

  • la gestion intégrée des bassins versants autour du barrage de Ndakaine, dans le bassin supérieur de la Tana ;
  • les initiatives de coexistence entre les communautés et la faune sauvage au Wildlife Warriors Kids Field Lab, au sud du Parc national de Nairobi ;
  • les modèles de restauration forestière communautaire au Brackenhurst Conference Centre, à Tigoni (Limuru) ;
  • les actions de résilience urbaine conduites dans le quartier de Kamukunji, à Nairobi, dans le cadre du Programme intégré sur les villes.

Ces échanges ont offert aux participants des exemples concrets de solutions pouvant inspirer les approches mises en œuvre dans le paysage du Dja.

Renforcer les partenariats pour la suite

En marge du Forum, la délégation camerounaise a également tenu plusieurs rencontres avec de hauts responsables du Programme des Nations Unies pour l'environnement, notamment Johan Robinson, Chef de l'Unité Biodiversité et Dégradation des Terres, et Ruth Igamba, Assistante en gestion de programme.

Les discussions ont porté sur les premiers résultats du Projet Paysage Dja ainsi que sur les perspectives de collaboration.

À cette occasion, les deux responsables ont exprimé leur intérêt pour effectuer une future mission de terrain au Cameroun afin d'observer directement les avancées du projet et d'échanger avec les partenaires locaux.