Renforcer la voix des communautés : de nouveaux partenariats pour transformer la gouvernance locale dans le paysage du Dja

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19 décembre 2025

Dans le paysage du Dja au Cameroun, un corridor de biodiversité couvrant près de quatre millions d’hectares, les communautés locales, les peuples autochtones et les autorités municipales sont depuis longtemps confrontés à des défis de gouvernance qui fragilisent à la fois les objectifs de conservation et les droits des communautés. La fragmentation des processus décisionnels, la faible représentation des groupes marginalisés dans la planification de l’utilisation des terres et la coordination limitée entre les systèmes de gouvernance traditionnels et institutionnels constituent autant d’obstacles à un développement durable.

Aujourd’hui, ces défis font l’objet d’actions concrètes. Le projet GEF-8 Dja a officialisé des partenariats stratégiques. À ce jour, cinq organisations spécialisées collaborent à la mise en place de systèmes de gouvernance inclusifs et fondés sur les droits, afin de faire évoluer la manière dont les communautés participent à la gestion de leurs ressources naturelles.

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Combler les lacunes en matière de gouvernance

Depuis plusieurs années, les conseils municipaux de Somalomo, Messok, Mintom et Lomié sont confrontés à des difficultés en matière de gouvernance et à l’absence de structures inclusives, telles que les Commissions municipales de gestion du paysage (CMGP), limitant la participation de certains groupes aux décisions relatives à l’utilisation des terres.

Les peuples autochtones, notamment les communautés Baka, ont été insuffisamment associés aux décisions concernant leurs territoires ancestraux. La voix des femmes reste également peu présente dans les instances de gestion des ressources, malgré leur rôle central dans les moyens de subsistance. Les perspectives des jeunes sont rarement intégrées aux processus de planification. Par ailleurs, les conflits liés aux terres et aux ressources disposent souvent de mécanismes de résolution peu transparents, ce qui fragilise la confiance entre les communautés et les autorités.

Ces lacunes ont entravé les efforts de conservation tout en accentuant les vulnérabilités sociales et la marginalisation historique. Les nouveaux partenariats visent directement à répondre à ces défis structurels à travers des interventions coordonnées et centrées sur les communautés.

« Les efforts de conservation menés sans les communautés sont voués à l’échec. Ces partenariats avec les acteurs du Dja marquent un nouveau contrat social pour le paysage. »

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Cinq partenaires, une vision commune

Chaque partenaire technique apporte une expertise spécifique pour répondre aux différents enjeux de gouvernance :

APROSPEN s’appuie sur deux décennies d’expérience auprès des communautés autochtones pour contribuer à la mise en place de Commissions municipales de gestion du paysage (CMGP) et de Comités de gestion du paysage (CGP) à Lomié. Son expérience en cartographie participative, en Consentement Libre, Informé et Préalable (CLIP) et en approches transformatrices en matière de genre vise à garantir des structures de gouvernance réellement représentatives et fondées sur les droits.

ACDEF mobilise les communautés de Somalomo et Messok afin de répondre à l’exclusion historique des groupes de producteurs et des communautés autochtones des espaces de gouvernance. À travers le dialogue inclusif et le renforcement des capacités, l’organisation contribue à co-concevoir des mécanismes de gouvernance reflétant les priorités des différents groupes communautaires.

AIWO-CAN, en partenariat avec REPALEAC/OKANI, s’attaque à l’absence de mécanismes de redevabilité en mettant en place un mécanisme de gestion des plaintes et de recours fonctionnel. Cette intervention offre aux communautés des voies accessibles pour faire entendre leurs préoccupations, rechercher des solutions et demander des comptes aux autorités, constituant ainsi une garantie essentielle pour la protection des droits humains.

ECO-PH intervient sur les enjeux de planification municipale à Mintom, Djoum et Oveng, en intégrant les priorités de conservation et celles des communautés dans les instruments officiels d’aménagement du territoire. Son appui aide les conseils municipaux à mettre en place des CMGP capables de faire le lien entre les systèmes de gouvernance coutumiers et institutionnels, tout en renforçant les capacités locales en matière de suivi participatif.

OKANI renforce la sensibilisation aux droits des peuples autochtones, afin que les communautés Baka et les autres peuples autochtones et communautés locales restent au cœur des réformes de gouvernance. Son rôle contribue à faire entendre les voix autochtones et à intégrer les savoirs traditionnels dans la gestion du paysage.

« Rien pour eux sans eux. En tant qu’acteurs essentiels du paysage du Dja, associer les peuples autochtones et les communautés locales aux instances décisionnelles est indispensable pour répondre à leurs aspirations, qui dépassent les générations. » — Unité de gestion du projet Dja

De l’exclusion à l’autonomisation

Cette approche fondée sur des partenariats coordonnés représente plus qu’un simple renforcement des capacités institutionnelles : elle marque une évolution vers une gouvernance plus inclusive et équitable.

À la fin de la première année de mise en œuvre, chaque municipalité devrait disposer de CMGP officiellement reconnues, qui contribueront à terme à une structure de gouvernance commune à l’échelle du paysage du Dja. Ces structures devront assurer une représentation équilibrée des parties prenantes, notamment des peuples autochtones et des femmes dans les instances dirigeantes.

Les communautés disposeront également de mécanismes accessibles de gestion des plaintes et de recours pour protéger leurs droits. Les outils de planification municipale intégreront leurs priorités aux côtés des objectifs de conservation.

Les approches transformatrices en matière de genre créeront par ailleurs des possibilités concrètes pour renforcer le rôle des femmes dans la gouvernance des ressources, en allant au-delà d'une simple représentation pour favoriser une véritable participation à la prise de décision.

« Conservation et développement sont complémentaires, et non concurrents. Donner aux peuples autochtones et aux communautés locales les moyens de participer aux décisions aux côtés des autorités renforce la gouvernance partagée et produit des bénéfices durables pour tous. » — Unité de gestion du projet Dja

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Préserver le paysage, soutenir les communautés

L’intégrité écologique du paysage du Dja est indissociable des droits et du bien-être des communautés qui assurent la gestion de ces forêts depuis des générations. En s’attaquant aux faiblesses de gouvernance qui ont fragilisé à la fois la conservation et l’équité sociale, cette approche fondée sur les partenariats montre comment des institutions inclusives peuvent contribuer simultanément aux objectifs environnementaux et de développement.

À mesure que ces systèmes de gouvernance se mettent en place, ils peuvent produire des effets durables : des communautés mieux outillées pour participer à leur développement, des droits autochtones mieux respectés et protégés, une place accrue des femmes dans la prise de décision publique et une biodiversité du paysage du Dja préservée grâce à une gestion responsable et ancrée dans les communautés.

Une transformation de la gouvernance en action — portée par les partenariats, fondée sur les droits et pensée pour durer.