Lomié franchit une nouvelle étape vers une gouvernance locale des paysages renforcée

11 août 2026

La commune de Lomié a franchi une étape importante dans le renforcement de la gouvernance locale des paysages avec l'examen et la validation provisoire du document-cadre du Comité Communal de Gestion du Paysage (CCGP). Cette avancée ouvre la voie à son installation officielle prévue plus tard ce mois-ci.

Organisée dans la salle des délibérations de la mairie de Lomié, la session de travail d'une journée a réuni les chefs traditionnels, les conseillers municipaux, les représentants du Ministère de l'Environnement, de la Protection de la Nature et du Développement Durable (MINEPDED), des organisations de la société civile ainsi que l'équipe technique d'APROSPEN, partenaire de mise en œuvre du Projet Paysage Dja du GEF-8.

Les participants ont examiné le document article par article, débattu de son contenu, proposé des amendements et dégagé un consensus sur les dispositions qui encadreront le mandat, la composition et le fonctionnement du Comité. À l'issue des travaux, le document révisé a reçu une validation provisoire unanime et a été signé par l'ensemble des participants.

Une nouvelle étape dans le renforcement de la gouvernance des paysages

Une fois officiellement installé, le Comité de Lomié deviendra le quatrième Comité Communal de Gestion du Paysage mis en place dans le paysage du Dja, après ceux de Djoum, Mintom et Oveng, dans la région du Sud du Cameroun.

Si les trois premiers comités ont démontré la pertinence d'une gouvernance locale fondée sur le dialogue entre acteurs, l'expérience de Lomié illustre l'élargissement progressif de cette approche dans la région de l'Est, dans le cadre du Projet Paysage Dja du GEF-8.

Un cadre élaboré à partir des réalités locales

Le document-cadre n'a pas été élaboré à partir d'un modèle standardisé.

Il s'appuie sur une étude socio-économique réalisée dans les villages de la commune ainsi que sur des consultations menées auprès des communautés locales, des populations autochtones Baka, des autorités traditionnelles, des organisations de la société civile et d'autres parties prenantes.

Cette démarche participative a permis d'élaborer un cadre adapté aux réalités locales et répondant aux besoins spécifiques de gouvernance de la commune de Lomié et, plus largement, du paysage du Dja.

La rencontre s'est ouverte par une allocution du Maire de Lomié avant de suivre un ordre du jour structuré autour de quatre principaux points :

  • l'état d'avancement du processus de mise en place du Comité ;
  • l'examen, l'amendement et la validation du document-cadre ;
  • la présentation du projet de plan d'action du Comité ;
  • les questions diverses.

Chaque article du document a été lu, discuté et, lorsque nécessaire, amendé. Les dispositions faisant l'objet de débats ont été adoptées par consensus, dans un esprit de dialogue et de concertation qui caractérise la création du Comité.

Quatre améliorations  majeures du document-cadre

Les échanges ont conduit à plusieurs ajustements destinés à renforcer l'efficacité et la légitimité du futur Comité.

Une représentation locale renforcée

Les participants ont confirmé une structure de gouvernance conciliant leadership institutionnel et autorités traditionnelles.

Le Maire de Lomié, ou son représentant, assurera la présidence du Comité, tandis que la vice-présidence reviendra au représentant du MINEPDED.

La composition du Comité intègre officiellement cinq chefferies traditionnelles : les chefferies Baka de Payo et Nomedjoh, ainsi que les chefferies de deuxième degré de Diomedio, Lomié Centre et du Canton Mabia.

La participation des femmes sera assurée par RAFALO, la fédération des organisations féminines de Lomié, tandis que la société civile sera représentée par le réseau RACOPI, à travers sa coordidnation locale assurée par l'ONG ASTRADHE.

Cette composition garantit une représentation diversifiée des principaux acteurs directement liés au paysage.

Reconnaître l'engagement bénévole

Les membres du Comité exerceront leurs fonctions à titre bénévole.

Toutefois, les participants ont reconnu que leur participation entraîne des coûts pratiques.

Afin de favoriser une participation régulière, le document révisé prévoit désormais un appui logistique modeste pour les membres lors des sessions officielles de travail.

Photo credits: Discover Cameroon

Renforcer la coordination administrative

Afin d'assurer une meilleure continuité institutionnelle, les participants ont approuvé la création d'un poste de Rapporteur au sein du bureau exécutif.

Cette fonction sera assurée par un représentant de la société civile, avec l'appui d'un membre de l'exécutif communal chargé du suivi administratif, afin de garantir la bonne documentation des décisions et leur mise en œuvre entre les réunions.

Préparer la pérennité financière

Les discussions ont également porté sur le financement futur du Comité.

Le Maire a rappelé que la dernière session budgétaire communale de 2026 se tiendra en décembre, ce qui ne permet pas d'inscrire immédiatement une ligne budgétaire spécifique au Comité.

Comme solution transitoire, les participants ont proposé l'élaboration d'une convention reconnaissant officiellement le Comité comme organe consultatif de la commune tout en définissant un cadre de fonctionnement financier jusqu'à la mobilisation de ressources municipales dédiées.

Du cadre à l'action

La rencontre s'est conclue par l'adoption à l'unanimité du projet de plan d'action présenté par APROSPEN.

Ce document définit les premières activités qui guideront le fonctionnement du Comité dès son entrée en fonction.

L'Assemblée Générale Constitutive est prévue le 27 juillet 2026, date qui marquera l'installation officielle du Comité.

Elle sera suivie, du 28 au 31 juillet, d'une série d'ateliers de renforcement des capacités destinés à préparer les nouveaux membres à leurs responsabilités techniques, institutionnelles et de gouvernance.

Renforcer la gouvernance des paysages à l'échelle du Dja

La mise en place du Comité de Lomié va bien au-delà de la création d'une nouvelle structure communale.

Elle s'inscrit dans une approche plus large de gouvernance des paysages mise en œuvre à l'échelle du paysage du Dja.

Si chaque commune possède ses propres réalités institutionnelles, autorités traditionnelles, communautés autochtones et priorités de développement, toutes suivent un même processus participatif : réalisation d'études socio-économiques, consultations communautaires, élaboration collaborative des textes et validation par consensus.

Cette approche permet d'adapter chaque Comité à son contexte local tout en contribuant à une vision commune de la gestion durable des paysages.

En conciliant adaptation locale et cadre de gouvernance partagé, l'initiative contribue à bâtir des institutions à la fois représentatives, inclusives et durables.

À l'approche de son lancement officiel, Lomié rejoint ainsi un réseau grandissant de communes engagées dans une gestion concertée de leurs ressources naturelles, fondée sur le dialogue, le leadership local et la prise de décision collective.

Organisation
United Nations Environment Programme (UNEP)
Global Environment Facility (GEF)
Sectors
Community Development
Integrated Land Use Planning