Financé par le Fonds pour l'environnement mondial (FEM-8) et mis en œuvre par le Ministère de l'Environnement, de la Protection de la Nature et du Développement Durable (MINEPDED), le Projet Paysage Dja vise à renforcer la gouvernance des paysages, améliorer la connectivité des écosystèmes pour la conservation de la biodiversité et promouvoir des moyens de subsistance durables pour les communautés locales.
Depuis son lancement officiel le 10 septembre 2025, le projet transforme progressivement cette vision en actions concrètes. À travers la mise en place de nouveaux mécanismes de gouvernance locale, une approche plus participative de la gestion des ressources naturelles prend forme dans le sud du Cameroun.
Dans cette dynamique, la commune d'Oveng a marqué une avancée importante en devenant la troisième commune du paysage du Dja à engager le processus de création d'un Comité Communal de Gestion du Paysage (CCGP), après Mintom et Djoum.
Cette initiative renforce progressivement un réseau de structures locales de gouvernance destiné à favoriser une gestion concertée des ressources naturelles, tout en plaçant les communautés au cœur des processus décisionnels.
Du consentement des communautés à l'action
Le 6 avril 2026, le Conseil municipal d'Oveng a officialisé cette étape par la création d'un Comité ad hoc chargé d'examiner et de valider le document-cadre du futur Comité Communal de Gestion du Paysage.
Cette décision s'inscrit dans le cadre des lois camerounaises sur la décentralisation et repose sur les principes du Consentement Libre, Préalable et Éclairé (CLIP/FPIC), qui garantissent une participation transparente, équitable et inclusive des communautés concernées.
Le Comité ad hoc est chargé de :
- examiner et analyser les projets de documents-cadres du Comité Communal de Gestion du Paysage et du futur Comité de Gestion du Paysage du Dja ;
- contribuer à leur validation selon une approche fondée sur le consensus ;
- veiller à ce que les préoccupations des communautés, notamment celles des Peuples Autochtones Baka, soient pleinement prises en compte.
Ce comité a un mandat temporaire. Une fois les textes validés et adoptés, il cessera ses activités afin de laisser place aux organes permanents de gouvernance.
Une démarche fondée sur la participation
La mise en place du Comité ad hoc fait suite à une large consultation organisée le 27 mars 2026.
Cette rencontre a réuni les autorités administratives et municipales, les chefs traditionnels, les représentants des communautés autochtones Baka, les organisations de femmes et de jeunes, les producteurs, les organisations de la société civile ainsi que des représentants du secteur privé.
Bien plus qu'une simple consultation, cette rencontre a constitué un véritable exercice de dialogue conformément aux principes du CLIP.
À l'issue des échanges, les participants ont confirmé leur adhésion au processus à travers une déclaration officielle :
« Nous avons été suffisamment informés des objectifs et du processus… Nous donnons notre consentement libre. »
Les trois principes du Consentement Libre, Préalable et Éclairé
Le processus s'est appuyé sur trois principes essentiels :
- Libre : la participation s'est faite sans contrainte ni pression ;
- Préalable : les communautés ont été informées suffisamment en amont grâce à des activités de sensibilisation ;
- Éclairé : les informations ont été présentées de manière claire, accessible et, lorsque nécessaire, dans les langues locales.
Cette approche a permis à chaque participant de poser des questions, d'exprimer ses préoccupations et de prendre une décision éclairée quant à sa participation.
Un comité représentatif du territoire
Le Comité ad hoc est composé de douze membres représentant les différentes composantes de la société locale.
Il rassemble notamment des représentants de la commune, des autorités traditionnelles, des Peuples Autochtones Baka, des organisations de femmes et de jeunes, de la société civile, du secteur privé ainsi que des organisations de producteurs.
Cette diversité garantit que le futur cadre de gouvernance reflète les réalités, les priorités et les aspirations des populations qui vivent et dépendent quotidiennement du paysage.
Vers une gouvernance durable du paysage
Si le Comité ad hoc est temporaire, les structures qu'il prépare sont appelées à jouer un rôle durable.
Une fois le document-cadre adopté, il ouvrira la voie à :
- la création officielle du Comité Communal de Gestion du Paysage d'Oveng ;
- la mise en place du futur Comité de Gestion du Paysage du Dja, qui favorisera la coordination entre les communes, les communautés et les institutions intervenant à l'échelle du paysage.
Ensemble, ces mécanismes contribueront à bâtir un modèle de gouvernance conciliant conservation de la biodiversité, développement local et participation citoyenne.
Une dynamique qui s'étend à l'ensemble du paysage du Dja
Avec Oveng, après Mintom et Djoum, le paysage du Dja poursuit la mise en place progressive d'un réseau de gouvernance locale couvrant l'ensemble de son territoire.
Cette approche va au-delà de la conservation des ressources naturelles. Elle reconnaît que la gestion durable des paysages repose avant tout sur l'engagement des populations qui y vivent, en leur donnant les moyens de participer activement aux décisions qui concernent leur avenir.
À mesure que cette dynamique se déploie, elle offre un exemple concret de la manière dont une gouvernance inclusive peut renforcer à la fois la résilience des communautés et la préservation des écosystèmes.