De la conception à la mise en œuvre : ce que le Forum mondial des Programmes intégrés du FEM nous apprend sur les paysages intégrés

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30 avril 2026

Organisé du 13 au 17 avril 2026 au siège des Nations Unies à Nairobi, le Forum mondial des Programmes intégrés du Fonds pour l'environnement mondial (FEM) a réuni décideurs, praticiens, chercheurs et partenaires engagés dans les domaines de la biodiversité, du climat, des terres, des moyens de subsistance et du financement du développement.

Malgré la diversité des thèmes abordés, une même question a traversé les échanges :

Que faut-il réellement pour faire fonctionner les approches intégrées sur le terrain ?

Au fil des discussions, un constat s'est imposé. Plus qu'un ensemble de nouveaux concepts, les approches intégrées reposent sur la capacité à relier différents éléments — gouvernance, communautés, financement, connaissances et apprentissage — de manière cohérente et au bon moment.

L'intégration commence dès la conception

L'un des principaux enseignements du Forum est que l'intégration ne se décrète pas.

Elle dépend de la manière dont les différents enjeux — biodiversité, climat, pollution, développement économique ou moyens de subsistance — sont pris en compte dès les premières étapes de conception des projets.

Lorsque ces dimensions sont intégrées dès le départ, les interventions sont généralement plus cohérentes et leurs résultats plus durables. À l'inverse, lorsque certaines questions sont abordées tardivement, elles créent souvent des difficultés qui deviennent plus complexes à résoudre pendant la mise en œuvre.

L'intégration consiste donc moins à ajouter de nouvelles composantes qu'à organiser correctement leur articulation dès l'origine.

La gouvernance relie les différents acteurs

À mesure que les échanges portaient sur la mise en œuvre, un autre message s'est dégagé : la gouvernance constitue le fil conducteur des approches intégrées.

Elle ne se limite pas à la création de nouvelles structures institutionnelles. Elle repose avant tout sur une répartition claire des responsabilités, une coordination efficace entre secteurs et niveaux de décision, ainsi que sur des mécanismes permettant de transformer les connaissances en décisions concrètes.

Sans ces liens, les données produites, les outils développés et les connaissances accumulées restent souvent sous-utilisés.

Avec eux, ils deviennent des leviers d'action.

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Les communautés donnent vie aux approches intégrées

Les débats ont également souligné l'évolution du rôle des communautés.

Il ne s'agit plus simplement de les consulter, mais de leur permettre de participer réellement aux décisions qui concernent leurs territoires.

Cette évolution suppose de dépasser une logique de participation ponctuelle pour construire des mécanismes de gouvernance où les communautés contribuent durablement à l'orientation des actions, au suivi des résultats et à la redevabilité.

Dans plusieurs paysages soutenus par la Congo Basin Landscapes Initiative (CBLI), notamment au Cameroun et en République démocratique du Congo, des plateformes locales de gouvernance et des Comités Communaux de Gestion du Paysage rassemblent autorités locales, représentants communautaires et acteurs sectoriels.

Ces espaces de dialogue permettent d'ancrer les décisions au niveau local tout en favorisant une meilleure articulation entre les priorités des communautés et les objectifs de conservation.

Parallèlement, des partenariats avec des organisations telles que la Rainforest Alliance contribuent au développement de systèmes de production plus durables, notamment à travers l'agroforesterie. En reliant restauration des paysages, planification territoriale et chaînes de valeur génératrices de revenus, ces initiatives créent des bénéfices concrets pour les producteurs tout en réduisant les pressions exercées sur les forêts.

Les échanges ont également rappelé qu'une participation véritable demande du temps, des ressources et des mécanismes de suivi permettant aux communautés d'influencer les décisions tout au long de la mise en œuvre.

Le financement s'appuie sur des bases solides

Le Forum a également montré que les mécanismes innovants de financement ne peuvent produire leurs effets que lorsque les conditions nécessaires sont réunies.

Des institutions crédibles, une gouvernance claire et des projets bien préparés constituent les fondations sur lesquelles les investissements peuvent se développer.

Autrement dit, le financement suit généralement la capacité des territoires à mettre en œuvre des actions cohérentes.

Les discussions ont toutefois mis en évidence un défi important.

Dans de nombreuses régions, les communautés qui vivent aux côtés de la faune sauvage supportent une grande partie des coûts liés à la conservation sans bénéficier pleinement des retombées économiques qu'elle génère.

Cette réalité souligne la nécessité de développer des mécanismes financiers qui permettent aux populations locales de tirer des bénéfices directs de la conservation des paysages et de la biodiversité.

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Apprendre tout au long de la mise en œuvre

Le suivi-évaluation a également été abordé sous un angle différent.

Plutôt que de le considérer comme une simple obligation de reporting, les participants l'ont présenté comme un outil d'aide à la décision.

Les systèmes de suivi permettent de comprendre comment évoluent les paysages, d'identifier rapidement les changements et d'ajuster les interventions lorsque cela est nécessaire.

Cette approche repose généralement sur quatre étapes complémentaires :

  • établir une situation de référence solide ;
  • utiliser ces informations pour orienter la planification ;
  • suivre les effets des interventions pendant leur mise en œuvre ;
  • adapter les actions en fonction des enseignements tirés.

Dans cette perspective, le suivi ne sert pas uniquement à mesurer les résultats. Il permet également d'améliorer en continu la mise en œuvre des projets.

L'apprentissage devient ainsi une composante essentielle de la gestion adaptative.

Transformer la complexité en actions concrètes

Les approches intégrées sont souvent présentées comme complexes.

Pourtant, les échanges organisés lors du Knowledge Café de la Congo Basin Landscapes Initiative (CBLI) consacré aux synergies entre programmes ont mis en avant une approche plus pragmatique.

L'un des enseignements majeurs est qu'il est souvent préférable de commencer par des actions réalistes, de s'appuyer sur les données réellement disponibles et de progresser par étapes.

Dans les paysages de tourbières du Bassin du Congo, par exemple, les premières expériences montrent qu'en associant des mécanismes simples de gouvernance à des activités génératrices de revenus, il est possible de créer progressivement les conditions d'une gestion plus intégrée des paysages.

L'intégration ne consiste donc pas à tout faire simultanément.

Elle consiste à relier les bons éléments, au bon moment et de manière cohérente.

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Ce que cela signifie pour le CBLI

Pris ensemble, les échanges du Forum mettent en évidence plusieurs enseignements qui rejoignent directement l'approche de l'Initiative du Bassin du Congo :

  • l'intégration se construit dès la conception des projets ;
  • la gouvernance crée les liens entre les différents acteurs ;
  • les communautés assurent la continuité et l'appropriation des actions ;
  • le financement est plus efficace lorsque les conditions de mise en œuvre sont réunies et que les bénéfices atteignent les populations locales ;
  • l'apprentissage permet d'adapter les interventions au fil du temps.

En réunissant gouvernance, conservation de la biodiversité, moyens de subsistance, connaissances scientifiques et partenariats, avec le soutien du Fonds pour l'environnement mondial (FEM) et de l'Initiative internationale pour le climat (IKI) sous la coordination du Programme des Nations Unies pour l'environnement (PNUE), la CBLI met en œuvre cette vision des paysages intégrés dans l'ensemble du Bassin du Congo.

Le Forum de Nairobi a offert l'occasion de partager ces expériences tout en s'inspirant d'autres initiatives internationales, confirmant que le succès des approches intégrées dépend moins de nouveaux cadres conceptuels que de la capacité à relier, coordonner et faire évoluer les actions dans la durée.

Regard vers l'avenir

Les discussions de Nairobi n'ont pas proposé de solution unique applicable à tous les contextes.

Elles ont plutôt mis en évidence une orientation commune : privilégier la mise en œuvre, renforcer la coordination entre les acteurs, s'appuyer sur les mécanismes existants et conserver des approches suffisamment simples pour pouvoir être adaptées aux réalités du terrain.

Une évolution qui traduit un changement progressif de perspective : il ne s'agit plus seulement de concevoir des approches intégrées, mais de les faire fonctionner durablement au bénéfice des paysages et des populations qui en dépendent.

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